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Crédit Euro : évolution et perspectives

Boutaïna Deixonne, Head of Euro IG & HY AXA IM chez BNP Paribas Asset Management, commente l’évolution des marchés du crédit Euro et les perspectives pour les semaines à venir.

En septembre, la volatilité des prix du pétrole a continué d’alimenter l’incertitude sur les marchés mondiaux. Le mouvement s’est même accéléré en septembre, le Bund à 10 ans franchissant le seuil de 3,6 %, un niveau jugé encore impensable quelques semaines plus tôt. Malgré ce contexte difficile, le crédit a fait preuve d’une remarquable résilience. Les spreads sont restés relativement stables en septembre : l’indice BofA Merrill Lynch Investment Grade toutes maturités ne s’est écarté que de 5 points de base (pb). A l’inverse, les obligations hybrides d’entreprise ont enregistré la plus forte sous-performance, avec un écartement de 21 pb.

Le secteur automobile a été sous pression en raison de difficultés structurelles et de prix de l’énergie élevés, les émetteurs à bêta élevé étant les plus touchés (écartement des spreads du secteur de 13 pb). L’immobilier a suivi, avec un écartement de 10 pb en raison de sa sensibilité aux taux d’intérêt. À l’inverse, les secteurs défensifs comme les télécommunications, la santé et les biens de consommation ont mieux résisté, tout comme la dette financière subordonnée. Enfin, l’indice High Yield a nettement sous-performé en septembre, avec un écartement de 32 pb et une décompression généralisée entre les émetteurs, secteurs et notations.

Le marché primaire est resté dynamique avec près de 90 milliards d’euros d’émissions au cours du mois, portant le volume annuel cumulé à environ 630 milliards d’euros. Les financières ont représenté 42 % des émissions totales, principalement sous la forme d’obligations senior. Côté entreprises, les services, les télécommunications et les obligations hybrides ont été les segments les plus actifs. Si les flux sont restés positifs, le ton restrictif de la BCE, la montée des risques géopolitiques et l’accroissement de la volatilité des taux ont toutefois modéré l’ampleur des entrées de capitaux.

L’environnement reste marqué par l’incertitude, notamment concernant la situation budgétaire de certains pays européens, l’impact sur l’économie réelle et les effets de second tour de l’inflation. Notre scénario central repose sur une stabilisation des taux d’intérêt. Dans ce contexte, les niveaux de rendement actuels devraient attirer de nouveaux flux vers la classe d’actifs, comme lors de précédents épisodes de correction sur les marchés de taux.

Nous demeurons confiants dans les fondamentaux sous-jacents du crédit, y compris pour le High Yield. Les dernières publications de résultats confirment une croissance solide et une amélioration des indicateurs de crédit, ce qui devrait amortir l’impact d’une période prolongée de taux élevés et offrir un contrepoids essentiel aux vents contraires macroéconomiques. Par ailleurs, le portage demeure favorable à la classe d’actifs, tandis que le ralentissement attendu des émissions primaires en fin d’année pourrait encore améliorer les facteurs techniques de marché.

En conséquence, nous conservons un niveau de portage supérieur à celui des indices de référence, avec une préférence pour les financières et les secteurs défensifs. Notre exposition au High Yield reste stable car ce segment devrait continuer de bénéficier de coupons élevés, d’une faible duration et d’un environnement de défauts modeste. Nous privilégions le segment noté « BB » et recherchons de manière sélective des opportunités parmi les obligations notées « B », dont le portage reste attractif au regard du risque de défaut.

En conclusion, la solidité des fondamentaux, les taux de défaut contenus et des rendements attractifs devraient continuer de soutenir les flux vers les marchés du crédit dans un avenir proche, bien que les pressions puissent persister jusqu’à la stabilisation des taux.

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