France : une économie à l’arrêt, et un pouvoir d’achat sous pression
Commentaire d’Antoine Fraysse-Soulier, responsable denl’analyse des marchés pour etoron
L’économie française a stagné au deuxième trimestre 2026, avec un PIB inchangé après une contraction de 0,2 % au premier trimestre. Ce chiffre nul cache cependant des mouvements contrastés et, surtout, une fragilité persistante de la demande intérieure. L’acquis de croissance pour 2026 n’est désormais que de +0,3 %, signe d’un premier semestre particulièrement faible.nnLa consommation des ménages apporte un peu de soutien, avec un rebond de 0,3 %, mais cette amélioration doit être relativisée. Elle intervient alors même que le pouvoir d’achat recule nettement : -0,6 % par unité de consommation. Les ménages continuent donc de dépenser malgré une baisse de leur revenu réel, en réduisant leur effort d’épargne. Le taux d’épargne retombe ainsi de 17,9 % à 17,2 %.nnL’investissement reste de son côté un frein. La FBCF recule encore de 0,3 %, pénalisée notamment par la construction et les services marchands. Cette faiblesse est préoccupante car elle limite le potentiel de rebond de l’activité au-delà du simple effet de consommation.nnLe principal soutien vient finalement du commerce extérieur. Les exportations rebondissent de 2,9 %, notamment grâce à l’aéronautique, tandis que les importations ne progressent que de 1,1 %. Le commerce extérieur apporte ainsi +0,6 point à la croissance. Mais ce soutien est presque entièrement effacé par un mouvement massif de déstockage, qui retranche 0,7 point au PIB.nnAu total, la France évite la récession technique, mais la dynamique reste très faible. Le risque est désormais qu’une baisse durable du pouvoir d’achat finisse par peser davantage sur la consommation, alors même que les ménages ont déjà commencé à réduire leur taux d’épargne pour maintenir leurs dépenses.nnSi cette capacité d’amortissement s’épuise, le relais paraît limité. L’investissement reste faible et, avec un déficit public toujours à 5,1 % du PIB, les marges de manœuvre pour soutenir plus fortement l’activité sont réduites.