L’Open Banking, une opportunité bien réelle pour les acteurs de la finance
Par Alioune N’Diaye, Partnership Manager France chez MolliennLorsque Roy Fielding et son équipe inventent REST ( Representational state transfer) en 2000, ils viennent sans le savoir de bouleverser à jamais l’univers de la banque traditionnelle.nnLa création du protocole REST, qui norme la communication et l’échange de données entre 2 serveurs n’importe où dans le monde, ouvre une ère nouvelle à ce qu’on nomme aujourd’hui les Fintechs. Par répercussion, cela va impacter et accélérer la mutation des services détenus exclusivement par les banques jusque-là.nnLa deuxième directive européenne des services de paiements (DSP2), publiée en 2013, fait le pari d’imposer l’Open Banking en tant que norme. Le but étant que les entreprises comme les particuliers puissent profiter pleinement des innovations développées par les start-up.nnQuels sont les secteurs d’activités qui sont déjà en première ligne pour faire bénéficier de ses changements au monde de l’entreprise.nnnnLa comptabilité :nnelle est souvent décrite comme fastidieuse et compliquée, entre formatsnd’exports comptables incompatibles et réconciliations impossibles. La comptabilité, dont lanbonne tenue est un enjeu majeur pour toute société est une des grandes gagnantes de l’opennBanking. En effet, l’ouverture de l’utilisation des données clients -sous conditions- à desnacteurs bancaires et professionnels tiers, des informations sur les virements, les opérationsnbancaires quotidiennes, etc. ont permis de voir naître des solutions d’agrégations de comptesnqui bouleversent le secteur. Celles-ci offrent des outils de gestion plus performants que lesnlogiciels de comptabilité se sont d’ailleurs appropriés prestement.nn nnLe crédit :nnpour les organismes de crédit dont les offres sont largement distribuées au traversnde partenaires, c’est l’opportunité de renforcer leur proposition de valeur directement auprèsndes clients (réduire le risque de désintermédiation).nDe plus, ce modèle contribue à minimiser voir à effacer totalement la part de risque inhérentnà tout crédit. L’accès après autorisation de l’emprunteur, à l’ensemble de ses donnéesnbancaires, offre une perspective nouvelle aux organismes de crédits ainsi qu’aux entreprises.nAinsi, les dossiers aboutissent plus rapidement tout en ouvrant une voie nouvelle à lanconnaissance client et à la possibilité de lui faire des offres sur mesure ultérieurement. Voirninstantanément comme le font déjà les acteurs asiatiques tels que WeChat et Alipay, avec cenque l’on appelle aujourd’hui “la finance invisible”. Cela affecte également bien entendu, lenrapport historique que les banques entretenaient avec leurs clients professionnels qui sortentnd’un coup de leur dépendance.nCes mêmes bénéfices et bouleversements se feront ressentir chez les particuliers.nn nnLe paiement en ligne :nnc’est la première industrie à profiter de la DSP2 par la densité de sonnécosystème. Grâce à l’inventivité et l’agilité de ses acteurs, le paiement est au coeur de cettenmarche forcée vers l’Open Banking pour ne pas dire qu’elle en est à l’origine.nC’est en offrant une expérience disruptive et personnalisée en adéquation avec les besoinsnet attentes du monde du e-commerce que les acteurs du paiement en ligne ont su tirer leurnépingle du jeu. Tandis que les banques traditionnelles ne prenaient pas immédiatement lanmesure du changement induit par la montée en puissance du commerce en ligne, dennouveaux acteurs ont émergés ces 15 dernières années, métamorphosant totalement lenpaysage d’une industrie très conservatrice voir sclérosée. Plus de sécurité avec des outils denprédictions de fraudes innovants, sécurisés et évolutifs basés sur du machine learning ou denla big data, que la double identification viendra renforcer. Plus de personnalisation etnd’ergonomie avec des équipes UX et Design utilisant les ressources sans fin de l’IA.nnEn conclusion l’Open Banking marque la fin des conseillers bancaires traditionnels distribuant 1001 produits du PEL à L’assurance vie au forfait téléphonique.nElle ouvre la voie à une génération experte et agile, créative et ambitieuse dont la motivation et le sacerdoce est de rendre demain meilleur avec ses innovations.