Royaume-Uni : dégradation de la conjoncture
Alors que le marché du travail britannique semblait se stabiliser à bas régime sur les derniers mois, les données d’emploi d’avril ont marqué une rupture. Selon l’ONS, l’économie a détruit 100 000 postes sur le mois, soit la plus forte baisse enregistrée depuis le printemps 2020 .nCette mesure recense les salariés pour lesquels un employeur déclare une rémunération au fisc britannique via le système PAYE (« Pay As You Earn »), l’équivalent du prélèvement à la source . Elle comporte de fait des angles morts, en particulier les travailleurs indépendants, mais couvre environ 85% de la population active .nnCes données sont à prendre avec précaution car le mois d’avril marque le début de l’année fiscale britannique, période durant laquelle les régularisations administratives des entreprises peuvent amener des distorsions techniques . Les chiffres définitifs pourraient ainsi faire l’objet de révisions significatives, le mois d’avril ayant d’ailleurs été systématiquement revu en hausse sur les dernières années .nSi la baisse de l’emploi est donc peut-être un peu exagérée, la tendance de fond est à la dégradation et les PMI flash de mai ont signalé un affaiblissement notable de la conjoncture britannique . Ce contexte, combiné à une bonne surprise sur l’inflation, devrait permettre à la BoE de temporiser en juin avant d’éventuellement procéder aux remontées de taux que les marchés intègrent désormais dans leurs anticipations .