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Zoom sur la place de la Russie et de l’Ukraine dans les flux commerciaux mondiaux de biens

  nnMalgré leur faible poids global dans les échanges commerciaux mondiaux, la Russie et l’Ukraine font partie des principaux exportateurs mondiaux d’énergie et de produits agricolesnLa Russie et l’Ukraine contribuent respectivement pour 2,2 % et 0,2 % au PIB mondial en 2022 /31. Bien que la Russie et l’Ukraine n’aient qu’une faible contribution au commerce et à la production à l’échelle mondiale /32, ces pays font néanmoins partie des pays exportateurs majeurs pour l’énergie et les produits agricoles /33, en particulier de blé, de maïs, de colza, de graines de tournesol et d’huile de tournesol. La Russie est également un des principaux pays fournisseurs d’engrais (azotés, potassiques et phosphorés).nnPeu après le début de la guerre en Ukraine, un corridor maritime a été mis en place en juillet 2022 durant un an dans le cadre de l’initiative céréalière de la mer Noire afin de permettre le transfert vers les pays clients de céréales ukrainiennes (maïs, blé, produits à base de tournesol) de façon sécurisée.nPlus de la moitié de ces produits ont été exportés vers les pays en développement /34.nnLa Russie est devenue membre de l’OMC en 2012 et de l’Union Économique Eurasiatique (UEE) en 2015, dans la continuité de l’Union douanière formée avec la Biélorussie et le Kazakhstan depuis 2010.nLa balance commerciale de la Russie est excédentaire en 202235 (308,0 Md$) grâce à ses exportations de matières premières, notamment d’énergie qui constituent plus de la moitié de ses exportations totales. Par ailleurs, les produits manufacturés représentent environ un cinquième des exportations russes. En 2021, l’UE et la Chine étaient les principales destinations des biens russes exportés (avec respectivement 38 % et 14 % des exportations).nn nn31. Calcul réalisé à partir de données sur les comptes nationaux de la Banque mondiale et de fichiers de données sur les comptes nationauxnde l’OCDE.n32. OMC, communiqué de presse : « Le conflit entre la Russie et l’Ukraine met en péril la reprise fragile du commerce mondial », 12 avriln2022.n33. Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), note d’information du 25 mars 2022.n34. Source : ONU commerce et développement (UNCTAD), Black Sea Grain InitiativenJoint Coordination Centre.n35. OMC, Profils commerciaux 2023, source : base de données Comtrade de l’ONU. 2022 est la dernière année connue.nn n

Récapitulatif des sanctions adoptées à l’encontre de la Russie relatives au commerce international de biens (par date d’application) :

n-30 et 31 juillet 2014 : en réponse à l’annexion de la Crimée par la Russie, l’Union européenne a mis ennplace des mesures restrictives et des sanctions économiques visant des secteurs économiquesnspécifiques de la Russie (énergie, technologies, biens à double usage, industrie, transports,ntélécommunications, articles de luxe).n-train de sanctions n° 1 – 23 février 2022 : restrictions dans les relations économiques avec Donetsk etnLouhansk, en réaction à la reconnaissance de l’indépendance de ces territoires par la Russie.n-train de sanctions n° 2 – 25 février 2022 : restrictions aux exportations de biens et technologies à doublenusage ou pouvant contribuer au renforcement technologique dans le domaine de la défense et de lansécurité, interdiction des exportations de biens et technologies aéronautiques et spatiales.n-train de sanctions n° 3 – 28 février 2022 : restrictions sur les exportations de biens et technologies denradiocommunication utilisés dans le secteur de la navigation maritime.n-train de sanctions n°4 – 15 mars 2022 : restrictions commerciales concernant le fer, l’acier et les produitsnde luxe.n-train de sanctions n°5 – 8 avril 2022 : interdiction des importations de charbon, de bois, de ciment, denproduits de la mer et d’alcools, interdiction de l’accès de tous les navires russes aux ports de l’UE et denl’entrée des transporteurs routiers russes et biélorusses, interdiction de l’exportation vers la Russie dencarburéacteurs.n-train de sanctions n°6 – 3 juin 2022 : adoption de l’interdiction de l’achat, de l’importation et du transfertnpar voie maritime de pétrole brut d’origine russe (entrée en application le 5 décembre 2022) et denproduits pétroliers raffinés d’origine russe (entrée en application le 5 février 2023).n-train de sanctions n°7 – 21 juillet 2022 : durcissement des sanctions existantes, interdiction d’importernou de transférer de l’or d’origine russe.n-train de sanctions n°8 – 6 octobre 2022 : plafonnement des prix du pétrole russe concernant le transportnmaritime à destination des pays tiers, décision de restrictions sur le transport maritime de pétrole brutnet de produits pétroliers (à compter de décembre 2022 et février 2023 respectivement), embargo surnles importations de produits sidérurgiques originaires ou exportés de Russie, sur la pâte à papier et lenpapier, les cigarettes, les matières plastiques et cosmétiques, pierres et métaux précieux utilisés ennjoaillerie, extension de la liste des biens et technologies faisant l’objet de restrictions (certainsncomposants électroniques, produits chimiques, armes à feu civiles, véhicules et équipements militairesnet paramilitaires, pièces détachées).n-5 décembre 2022 : plafonnement du prix du baril pour le pétrole brut et les huiles de pétroles, à 60ndollars le baril (décision prise à l’unanimité par le Conseil le 3 décembre 2022).n-train de sanctions n°9 – 16 décembre 2022 : interdiction d’exporter des drones, restrictionsnsupplémentaires sur les biens et technologies à double usage interdites à l’exportation ; interdiction denfournir des services de transport maritime vers des pays tiers pour le pétrole brut originaire ou exporténde Russie.n-5 février 2023 : accord européen sur le niveau des plafonds de prix pour les produits pétroliersnoriginaires ou exportés de Russie (décision du Conseil prise le 4 février 2023) ; interdiction de fournir desnservices de transport maritime vers des pays tiers pour les produits pétroliers raffinés originaires ounexportés de Russie.n-train de sanctions n°10 – 25 février 2023 : interdiction de l’exportation de technologies critiques et denbiens industriels (électronique, véhicules spécialisés, pièces de machinerie, pièces détachées pourncamions et moteurs à réaction, certains biens du secteur de la construction), interdiction denl’importation d’asphaltes et de caoutchouc synthétique, interdiction du transit par la Russie de biens et technologies à double usage exportés depuis l’UE, élargissement de la liste des entités sanctionnéesn(dont des entités iraniennes).n-train de sanctions n°11 – 23 juin 2023 : interdiction du transit de biens et de technologies via la Russie,nrenforcement de la coopération avec les pays tiers, ajouts à la liste des personnes et des entitésnsanctionnées.n-train de sanctions n°12 – 18 décembre 2023 : clause de non-réexportation vers la Russie, interdictionnd’importation de diamants russes et de gaz propane liquéfié.n-train de sanctions n°13 – 23 février 2024 : mesures restrictives à l’exportation pour des entités, y comprisnsituées dans des pays tiers (Inde, Sri Lanka, Chine, Serbie, Kazakhstan, Thaïlande et Turquie), quinsoutiennent le secteur militaro-industriel russe ou qui sont impliquées dans le contournement desnsanctions, nouvelles restrictions sur l’exportation de drones et de biens pouvant renforcer les capacitésnindustrielles.n-train de sanctions n°14 – 24 juin 2024 : interdiction des services de rechargement de gaz naturel liquéfién(GNL) russe aux fins d’opérations de transbordement vers des pays tiers (réexportations via l’UE),ninterdiction de nouveaux investissements pour l’achèvement de projets GNL russes en cours denconstruction, interdiction d’accès aux ports et de la fourniture de services pour des navires ciblés ; outilsnanti-contournement supplémentaires : les sociétés mères de l’UE sont tenues de contrôler lesnimportations/exportations de leurs filiales dans des pays tiers, mise en œuvre de mécanismes dendiligence capables de détecter et d’évaluer les risques de réexportation vers la Russie.nCes sanctions sont prorogées jusqu’au 15 septembre 2024.nCertaines catégories de produits sont exclues du champ des sanctions, notamment les produitsnpharmaceutiques, les produits agricoles et les produits agroalimentaires (sauf exception).n

Contre-mesures les plus significatives prises par la Russie

nDes contre-mesures ont été décidées par la Russie en réaction aux sanctions internationales. Quelquesnexemples de mesures d’ordre économique sont présentés :n- dans le contexte de la crise ukrainienne, la Russie a introduit en août 2014 un embargo sur les produitsnagricoles et agro-alimentaires   /37 (viandes, poissons, produits laitiers et les fruits et légumes notamment)noriginaires de l’Union européenne, des États-Unis, du Canada, de l’Australie et de la Norvège. Cetnembargo a été prolongé jusqu’à la fin de l’année 2024  /38.n- interdiction d’exportation de bois et de certains produits dérivés vers les pays considérés commen« inamicaux ».n- interdiction de conclure ou de poursuivre toute transaction avec 31 sociétés du secteur gaziern(européennes, américaines, singapouriennes).n- introduction d’un nouveau système de paiement du gaz russe en roubles pour les pays « inamicaux »n(Décret présidentiel du 31/03/22).n- à partir du 1er février 2023, le Kremlin a interdit la vente de pétrole brut aux pays qui appliquent lenplafonnement du prix de ce produit (décret signé le 27 décembre 2022).nn nn36. Source : Chronologie – Sanctions de l’UE à l’encontre de la Russie sur le site internet du Conseil européen et du Conseil de l’Union européenne.nn37. Décret du président de la Fédération de Russie du 6 août 2014 n°560 « sur l’adoption de mesures économiques spécialesnpour assurer la sécurité de la Fédération de Russie ».n38. Horizon Vostok, veille agroalimentaire Russie-pays CEI, direction générale du Trésor, septembre 2023.

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