Les élections américaines de mi-mandat lèvent une partie de l’incertitude politique
Paris, le 05 novembre 2026
Par David TAIEB, directeur des investissements en actifs cotés chez Sienna
Les résultats définitifs des élections de mi-mandat ne sont pas encore connus, mais les premières estimations donnent une large victoire aux démocrates.
Les démocrates récupéreraient à la fois le contrôle de la Chambre des représentants et celui du Sénat. Les démocrates ont remporté plusieurs victoires sénatoriales majeures, notamment en Caroline du Nord, en Caroline du Sud, au Texas, dans l'Ohio et au Kansas … Pour D. Trump, c’est un désaveu important, qu’il ne semble pas vouloir contester. Le résultat reflète principalement le mécontentement des électeurs face à l'inflation, à la hausse du coût de la vie, aux droits de douane et à la guerre en Iran.
Si les démocrates prennent le contrôle de la Chambre, ils disposeront de la capacité de conduire des enquêtes parlementaires, de convoquer des responsables de l'administration et de bloquer de nouveaux projets législatifs. Une majorité démocrate au Sénat renforcerait considérablement ces pouvoirs, notamment concernant les nominations présidentielles et les commissions parlementaires.
- Cependant, une victoire démocrate ne signifierait pas que Donald Trump perdrait l'ensemble de ses prérogatives. Le président conserverait notamment son pouvoir de veto, ce qui limiterait la capacité des démocrates à imposer de nouvelles lois sans compromis.
- La politique étrangère pourrait alors devenir un instrument encore plus important de l'action présidentielle. Donald Trump conserverait des moyens d'initiative dans les relations avec la Russie, la Chine et l'Iran, sous réserve des contraintes légales et budgétaires applicables.
- Cette situation pourrait conduire à une période prolongée de confrontation entre la Maison-Blanche et le Congrès, particulièrement au moment des négociations budgétaires de 2027.
Sur les marchés financiers, la victoire des démocrates dans les deux chambres correspond au scénario largement anticipé par les investisseurs.
Si leur positionnement pourrait accroître la surveillance des investissements dans l’IA, un frein réglementaire immédiat paraît peu probable. Les craintes d’une interdiction nationale des centres de données sont excessives, compte tenu du soutien de Donald Trump à cette technologie. Par ailleurs, les valorisations actuelles des valeurs technologiques américaines nous semblent excessivement basses face aux fondamentaux alors que le secteur reste le seul avec des révisions de bénéfices positives. Il est donc fort improbable que le résultat des élections impacte négativement les valeurs technologiques américaines.
Historiquement, dans 18 des 20 mid-terms depuis 1946*, les marchés actions américains ont mieux performé dans les 6 mois qui ont suivi l’élection que lors des 6 mois qui l’avaient précédée quelle que soit la majorité au Congrès (républicaine ou démocrate) et de la Présidence, avec une surperformance en cas de cohabitation Présidence républicaine/Congrès divisé. La logique rationnelle de ces « lois » est claire : une Administration en place met tout en œuvre pour assurer sa réélection ou pour « laisser » un bon bilan (s’il s’agit de conquérir un second mandat pour le Président ou la majorité en place). Lors des dernières élections de mi-mandat de 2023 — l’indice S&P 500 a progressé de 24 %. Elle a également été soutenue à l’époque par le reflux de l’inflation américaine, la perspective de la fin du cycle de resserrement monétaire de la Réserve fédérale, la résilience de l’économie et l’essor des valeurs technologiques liées à l’intelligence artificielle, un contexte facilement transposable aujourd’hui.
En tout état de cause les élections de mi-mandat passées, les investisseurs bénéficient d’une meilleure visibilité sur le programme politique. Le franchissement de cette étape électorale pourrait transformer la politique, qui agissait jusqu’ici comme un frein, en un moteur favorable aux marchés financiers. Le prochain catalyseur concerne maintenant le détroit d'Hormuz. Un scénario de désescalade avec un prix du pétrole inférieur à 100 $ le baril serait un catalyseur important pour la hausse des marchés actions mondiaux et les valeurs IA.
La baisse des prix de l’énergie peut aussi limiter l’ampleur de la hausse des taux directeurs à venir des banques centrales entrainant une baisse des rendements obligataires et un affaiblissement du dollar.
Achevé de rédigé le 4 novembre 2026 à 17h *Source : les cahiers verts de l’économie
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