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Pillages : après la vitrine, la bataille des clients

Paris, le 26 octobre 2026 – Commerces pillés : « On a rendu le pillage visible, rendons la réouverture visible » Marvin Ndiaye, fondateur d’ULTRA Paris, appelle les marques, le public et les pouvoirs publics à se mobiliser pour la réouverture des 3 000 commerces touchés le 17 octobre.
Prêt à taux zéro, report de charges, chômage partiel : neuf jours après les pillages, les aides annoncées par le gouvernement réparent les pertes. Aucune ne ramène les clients. Pour Marvin Ndiaye, entrepreneur et spécialiste de la croissance des TPE et PME, c’est pourtant là que se joue la survie des commerces touchés : un petit commerce ne meurt pas du pillage, il meurt d’une réouverture ratée.

3 000 commerces touchés, des aides pensées pour réparer, pas pour relancer

Au moins 3 000 commerces ont été dégradés ou pillés le 17 octobre à Paris, Lyon, Bordeaux, Lille, Rouen, Nice et Montpellier, selon le ministre du Commerce Serge Papin. Entre 10 000 et 15 000 emplois sont concernés, selon le ministère du Travail.
Après la réunion du 19 octobre à Bercy, le gouvernement a annoncé un prêt Bpifrance à taux zéro jusqu’à 50 000 euros, remboursable sur trois ans, un report des charges fiscales et sociales et un dispositif de chômage partiel. France Assureurs a porté le délai de déclaration de 2 à 30 jours et promis des acomptes.
Ces mesures traitent les dégâts. Elles laissent de côté ce qui fait vivre un commerce : ses clients. Les émeutes sont exclues par défaut du Code des assurances, sauf clause expresse. Et aucune indemnité ne rachète les semaines de fermeture, les clients partis chez un concurrent ni la confiance des fournisseurs.
« Qui va les aider à retrouver des clients ? »
Pour Marvin Ndiaye, le vrai risque commence le jour de la réouverture.
« Ces commerçants ont mis leurs économies dans leur boutique. Aujourd’hui, ils la regardent détruite et se demandent comment recommencer. On ne peut pas leur promettre que tout ira bien. On peut en revanche leur donner une vraie chance de repartir. »
« L’assurance réparera une partie des pertes. Mais qui va les aider à retrouver des clients, à reconstituer intelligemment leur stock, à trouver du matériel et à préparer leur réouverture ? »
« On a donné une visibilité immense aux pillages. Donnons maintenant la même visibilité aux commerces qui veulent rouvrir : montrons leur travail, leurs équipes, ce dont ils ont besoin, et permettons au public d’agir. »

Trois leviers pour réussir les réouvertures

1. Les grandes marques : soutenir les commerçants qui vendent leurs produits toute l’année, avec du stock, du matériel et une mise en avant de leur réouverture.
2. Le public : réserver, précommander, acheter, proposer son aide. La solidarité la plus utile passe par la caisse.
3. Les pouvoirs publics : garantir la sécurité, coordonner rapidement les démarches et donner des réponses claires sur les garanties et les avances.
« L’objectif pour ces entrepreneurs, c’est de rouvrir avec de nouveaux clients, de nouveaux partenaires et de meilleurs outils. La solidarité aura réussi le jour où ils pourront de nouveau vivre de leur travail. »

Un mois avant le Black Friday

Le calendrier ne laisse aucune marge. Le Black Friday tombe le 27 novembre, Noël dans deux mois : la période la plus décisive de l’année pour le commerce. « On a rendu le pillage visible. Rendons la reconstruction possible, et visible elle aussi. »
À propos de Marvin Ndiaye
Ancien cuisinier, fauché à 18 ans, Marvin Ndiaye a fondé Fresheo, qui livre 60 000 repas par semaine, puis ULTRA Paris, cabinet de conseil qui a audité plus de
1 000 entreprises. Distingué par Forbes 30 Under 30 Belgique, il est l’auteur de « Fauché à 18 ans, millionnaire à 23 » et chroniqueur chaque semaine sur ici Paris.
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