Industrie française de la défense : financer la croissance sur le long terme
Marchés et Convictions Paris, le 15 octobre 2026
Par Olivia Noirot-Nérin, Directrice de fonds dette corporate, Dette privée

L’industrie de défense dépasse largement les seuls fabricants d’armes et de munitions. Dès lors que l’on intègre les composants, les pièces, les services ou encore les technologies qui interviennent dans des équipements militaires, le panel devient beaucoup plus large.
Le besoin de cash est aujourd’hui largement tiré par la croissance
Nous constatons aujourd’hui un besoin d’investissement et de cash particulièrement important, notamment sous l’effet de la croissance et du besoin en fonds de roulement. Les entreprises doivent répondre à une augmentation des commandes et accélérer leur production. Cette phase de montée en cadence peut mécaniquement créer des tensions de trésorerie : une entreprise peut ainsi se retrouver à court de cash, non pas parce que son activité se dégrade, mais précisément parce qu’elle connaît une croissance importante et doit financer l’augmentation de son BFR (Besoin en Fonds de Roulement). Cette distinction est fondamentale dans l’analyse financière d’une entreprise de la défense.
La diversification soutient la croissance dans le temps long
Le secteur de la défense se caractérise par des programmes industriels et des investissements de long terme. Pour accompagner leur développement, les entreprises de la BITD peuvent diversifier leurs marchés à l’international, développer des technologies à double usage civil et militaire et élargir leur clientèle. Ces leviers contribuent à renforcer leur résilience et à soutenir durablement leur croissance.
L’innovation se joue aussi au sein des PME
Les besoins de financement concernent à la fois l’augmentation des capacités de production et l’innovation. Mais l’innovation ne vient pas uniquement de nouveaux acteurs ou de start up récemment créées. Sur le terrain, nous rencontrons également des PME existant depuis dix, quinze ou vingt ans, qui ont développé leurs propres technologies et prototypes. Certaines ont financé ces développements sur leurs fonds propres et arrivent aujourd’hui à une étape décisive : celle de la commercialisation et de l’industrialisation. Le besoin de financement intervient donc à deux niveaux : l’innovation elle-même, mais également le passage à l’échelle des entreprises qui ont développé une technologie prometteuse.
Achevé de rédiger le 30/09/2026