La pression de la dette française met à l’épreuve la marge de manœuvre de la BCE
Commentaire de Lale Akoner, analyste de marchés chez etoro
La BCE devrait résister à la pression l’incitant à réagir de manière agressive au nouveau choc inflationniste en Europe. La hausse des coûts de l’énergie tire les prix vers le haut, mais de fortes hausses des taux affaibliraient également la croissance et mettraient davantage sous pression les gouvernements lourdement endettés. La France en est l’exemple le plus flagrant : sa crédibilité budgétaire est déjà mise à mal par des objectifs de déficit non atteints, une impasse politique et la hausse des charges d’intérêt.
Étant donné que les institutions japonaises figurent parmi les principaux détenteurs étrangers d’obligations d’État françaises, leurs ventes potentielles pourraient accroître la volatilité des marchés. Cependant, des ventes estimées entre 5 et 10 milliards d’euros resteraient gérables, et les réductions forcées de positions semblent avoir déjà exagéré une partie de la récente vague de ventes.
Pour les investisseurs, les obligations françaises peuvent sembler bon marché, mais l’incertitude politique et budgétaire signifie que « bon marché » ne veut pas encore dire « attractif ». Les obligations allemandes demeurent le choix défensif le plus solide, tandis que l’euro pourrait encore s’affaiblir si les inquiétudes budgétaires persistent. Une réponse graduelle de la part de la BCE est donc judicieuse. Le principal risque à surveiller est de savoir si la pression sur le marché obligataire reste concentrée sur la France ou si elle commence à se propager plus largement aux autres pays européens fortement endettés.


