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La dégradation de la notation de la France, un non-évènement à court terme … mais une tendance très long terme médiocre

Par Matthieu Bailly, directeur général délégué et gérant obligataire – Octo AM

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Depuis quelques jours, nous lisons et entendons nombre d’inquiétudes ou interrogations sur landégradation probable de la notation de crédit de l’Etat Français par les agences : aura-t-elle un impactnsur les taux d’emprunt ? Sur la capacité d’emprunt ? Sur les notations des entreprises françaises ?nPeut-on revenir à une crise des périphériques ?nPour nos lecteurs les plus pressés, nous répondrons d’ores et déjà « Non » à l’ensemble de cesnquestions et voici les éléments qui nous conduisent à cette conclusion :

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Du point de vue purement technique :

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  • Premièrement, il est important de préciser que nous ne répondons ici qu’à la question sur lannote formelle de l’Etat Français chez les agences de notations que sont essentiellement S&P,nMoody’s ou Fitch. Nous ne disons donc pas que les finances publiques de la France, élémentnclé de la notation, soient sans effet sur les taux d’emprunt ou les entreprises françaises, biennau contraire, car il est difficile pour un pays exsangue de mener une politique économiquenefficace et proactive. Cependant, les finances publiques de mauvaise qualité sont bel et bien làndepuis des années, voire des décennies, et la conclusion des agences sur une notations dencrédit, utilisée seulement par des contrôleurs de conformité ou des analystes quantitatifs, n’estnfinalement que le dernier maillon de la chaîne. C’est en cela qu’elle n’a aucun impact, dans lanmesure où elle ne fait que rendre compte d’une situation déjà existante, pour ceux qui n’auraientnpas eu déjà l’occasion de le réaliser…
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  • Quelle est donc l’utilité des notations ? Nous l’avons souvent répété, les notations n’ont quentrès peu de capacité prédictive de l’évolution future de la qualité de crédit et de la solvabiliténd’une entreprise ou d’un Etat. Ainsi, rappelons-nous qu’Orpea, Wirecard ou Atos étaient notésnBBB quelques mois avant leur dégringolade, tout comme les banques islandaises étaientnnotées AAA en 2008. A l’autre bout de la chaîne, Douglas, dont on a pu assister à l’introductionnen bourse ces derniers jours était noté CCC il y a encore peu de temps…
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Les notations ne sont donc là que pour quantifier un risque et une situation déjà en place et souventndéjà largement actée par les marchés au travers de l’offre et de la demande et donc, sur le marchénobligataire, des taux d’emprunt. Elles permettront par exemple, dans le cas de l’Etat Français, à desninvestisseurs étrangers de pouvoir comparer sur une base identique, différents pays de manière rapidenet extrêmement résumée. Et encore… car le AAA d’une agence locale d’un pays sous régime autoritairenou aux standards de gouvernance médiocres n’aura guère la même qualité que le AAA d’un S&P auxnnormes occidentales…

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Du point de vue relatif :nnLes prévisions de baisse de la notation française sont entre un et deux crans, en fonction de la dureténdes agences et, peut-être, de la négociation qui s’opérera entre le gouvernement et les analystes. Il estndonc utile, pour savoir quel impact ces baisses de notations pourraient avoir sur les taux d’emprunt, dencomparer le taux d’emprunt actuel de la France sur un horizon donné, par exemple dix ans puisquenc’est généralement le taux de référence, à celui de pays dont la notation est déjà autour de ce quenpourrait être celle de la France demain.

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