Le choc obligataire va empirer
La contre-performance du CAC 40 depuis le début de l’année est telle que des rebonds techniques peuvent ponctuellement se produire, comme lors de la séance d’hier. Mais les risques restent bien présents, comme en témoigne la forte baisse des actions les plus exposées au risque français, notamment Carrefour et les valeurs bancaires.
Le franchissement, hier, du seuil de 5 % par le rendement de l’OAT française à 10 ans est évidemment symbolique. Et les symboles comptent sur les marchés. Mais au-delà de ce seuil, c’est surtout la perception du risque français par les investisseurs qui est en train de changer.
Initialement, les investisseurs étrangers avaient sous-estimé le risque budgétaire. Après les émeutes, ils commencent désormais à comprendre que les dépenses publiques et le déficit ne sont pas seulement le résultat d’une mauvaise gestion, mais constituent aussi, en partie, le prix à payer pour préserver la paix sociale. Évidemment, cela signifie que la nécessaire réforme des retraites n’est pas près d’être mise en œuvre.
Dans ce contexte, qu’en est-il de la valorisation actuelle des obligations françaises ? Elles restent incroyablement chères, malgré la remontée des rendements. Si l’on intègre le rendement de l’OAT française à 10 ans dans un modèle de valorisation des obligations des marchés émergents – dont la France se rapproche à certains égards -, le constat est sans appel : le rendement réel de la dette française est nettement inférieur à ce que justifieraient ses fondamentaux économiques et budgétaires. Le pire reste probablement à venir.
Christopher Dembik, conseiller en stratégie d’investissement chez Pictet AM

