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Tensions géopolitiques, incertitudes commerciales et marchés sous pression

Par David TAIEB, Chief Investment Officer – Listed Assets (CIO) nnLe mois de février 2026 a été marqué par une succession d’événements majeurs qui ont alimenté l’incertitude sur les marchés financiers. Entre les inquiétudes liées à l’impact disruptif de l’intelligence artificielle, les coûts nécessaires à son déploiement, l’annulation d’une partie des droits de douane américains par la Cour suprême et le déclenchement d’un conflit régionalisé au Moyen-Orient, l’environnement économique s’est fortement tendu.nnDans ce contexte, les indices actions ont logiquement reculé, tandis que les taux souverains ont connu une volatilité accrue. Les matières premières, de leur côté, ont rebondi sensiblement, notamment le pétrole. Face à cette situation, les gestionnaires d’actifs ont choisi de neutraliser leurs expositions en sensibilité, tout en maintenant une présence significative des actions dans les allocations.n

Une croissance mondiale toujours solide en 2026

nMalgré les turbulences géopolitiques et financières, l’activité économique mondiale reste robuste en ce début d’année 2026. La croissance globale est attendue autour de 3 %, un rythme conforme à la moyenne observée sur les deux dernières décennies.nnPlusieurs facteurs soutiennent cette dynamique :n

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  • les investissements massifs dans l’intelligence artificielle,
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  • la baisse progressive des taux directeurs des banques centrales,
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  • les plans budgétaires engagés par plusieurs grandes économies comme l’Allemagne ou le Japon.
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nDans le détail, les pays avancés devraient afficher une croissance d’environ 1,8 %, tandis que les économies émergentes pourraient atteindre 4,2 %, confirmant leur rôle moteur dans l’expansion mondiale.n

Une inflation en recul progressif

nLa désinflation se confirme également à l’échelle internationale.nnAux États-Unis, l’inflation annuelle s’établit à 2,4 % en janvier, contre 2,7 % un mois auparavant, une baisse principalement liée au recul des prix de l’énergie.nnLa zone euro connaît une évolution similaire. L’inflation annuelle atteint 1,7 % en janvier, après 2 % en décembre, illustrant un ralentissement généralisé des tensions sur les prix.n

Des banques centrales prudentes

nAprès plusieurs baisses de taux à la fin de l’année 2025, la Réserve fédérale américaine a marqué une pause en maintenant ses taux directeurs entre 3,50 % et 3,75 %. Le marché anticipe toutefois deux nouvelles baisses d’ici la fin de l’année 2026.nnDu côté de la Banque centrale européenne, le statu quo domine également. Toutefois, une appréciation trop rapide de l’euro pourrait pousser l’institution à ajuster sa politique monétaire.nnAu Japon, la banque centrale pourrait au contraire durcir sa position afin de contenir l’inflation et soutenir le yen.n

Taxonomie européenne : les entreprises françaises gagnent en maturité

nL’année 2025 a constitué un tournant pour les grandes entreprises françaises avec la publication de leurs premiers rapports CSRD et l’extension du reporting de la taxonomie européenne aux six objectifs environnementaux.nnSelon une étude de KPMG, 91 % des grandes entreprises françaises non financières étudiées publient désormais au moins une activité alignée avec la taxonomie, contre 87 % en 2023.nnLes niveaux moyens d’éligibilité des activités économiques se répartissent ainsi :n

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  • 45 % du chiffre d’affaires,
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  • 54 % des investissements (CapEx),
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  • 53 % des dépenses opérationnelles (OpEx).
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nCertains secteurs apparaissent plus avancés que d’autres, notamment :n

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  • l’immobilier,
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  • l’énergie,
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  • l’industrie,
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  • les transports.
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nCes secteurs sont historiquement exposés aux enjeux climatiques et à des exigences réglementaires plus strictes. À l’inverse, d’autres secteurs comme l’automobile ou la santé rencontrent davantage de difficultés à appliquer les critères de la taxonomie.n

La transition climatique s’impose comme un standard

nL’étude révèle également une progression notable des entreprises en matière de stratégie climatique :n

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  • 83 % publient désormais un plan de transition climatique,
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  • 67 % utilisent directement les indicateurs de la taxonomie pour orienter leurs investissements.
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nMalgré ces progrès, les entreprises demandent une simplification des critères techniques afin de réduire la complexité du reporting. La Commission européenne a d’ailleurs annoncé un allègement du dispositif pour améliorer sa lisibilité et réduire la charge administrative, des mesures entrées en vigueur début 2026.n

Droits de douane américains : une nouvelle phase d’incertitude

nLe mois de février a également été marqué par un épisode majeur de politique commerciale américaine.nnLe 20 février, la Cour suprême des États-Unis a jugé illégaux une partie des droits de douane instaurés par Donald Trump sans l’accord du Congrès, dans le cadre de la loi sur les pouvoirs d’urgence économique. Environ deux tiers des droits de douane concernés reposaient sur cette procédure.nnLa réaction politique a été immédiate : l’administration américaine a annoncé de nouveaux droits de douane de 10 % appliqués à l’ensemble des pays, en s’appuyant cette fois sur une disposition du Trade Act de 1974. Cette mesure est toutefois limitée à 150 jours, sauf validation du Congrès pour une prolongation.n

Un risque budgétaire pour les États-Unis

nCette décision judiciaire ouvre une période d’incertitude importante. Sur les 264 milliards de dollars de recettes douanières collectées en 2025, environ 175 milliards pourraient être considérés comme illégaux, exposant l’État américain à des demandes de remboursement de la part des entreprises.nnLes conséquences géopolitiques pourraient également redistribuer les cartes commerciales. Les alliés traditionnels des États-Unis – Japon, Europe ou Corée du Sud – pourraient se retrouver pénalisés, tandis que des pays comme la Chine, le Brésil ou le Canada pourraient bénéficier d’une situation plus favorable.nnÀ court terme, cette incertitude pourrait peser sur l’économie américaine, même si un ralentissement de l’inflation des biens reste possible à l’approche des élections de mi-mandat.n

Stratégie d’allocation : quelles positions sur les marchés ?

nFace à cet environnement complexe, les stratégies d’investissement privilégient plusieurs orientations.n

Actions

nLes marchés européens restent privilégiés, avec un intérêt particulier pour les Small et Mid Caps, notamment allemandes, qui bénéficient d’un contexte économique en amélioration.nnÀ l’inverse, les actions américaines apparaissent plus chères et font l’objet d’une sous-pondération relative, malgré un intérêt pour certaines thématiques comme la cybersécurité ou le secteur spatial.nnLes marchés émergents, en particulier asiatiques, restent attractifs grâce à leur exposition technologique et à des valorisations plus accessibles, notamment en Chine et en Inde.n

Obligations

nSur la partie obligataire :n

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  • une position neutre est maintenue sur la dette souveraine européenne,
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  • une prudence persiste sur les obligations américaines en raison d’un déficit public élevé,
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  • le crédit reste privilégié, notamment l’Investment Grade, le High Yield européen et certaines obligations financières subordonnées.
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Devises et matières premières

nLe yen japonais est favorisé face à l’euro dans la perspective d’un possible durcissement monétaire au Japon.nnDu côté des matières premières, la situation géopolitique au Moyen-Orient pourrait maintenir une pression haussière sur les prix du pétrole, avec un scénario où le baril dépasserait 100 dollars en cas d’escalade prolongée.nnL’or devrait également rester soutenu par la demande des banques centrales et par des contraintes sur l’offre mondiale.nn


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