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Le coût de la faim : les travailleurs canadiens peinent à se nourrir

La dernière recherche de l’Institut national de la paie révèle que l’insécurité alimentaire nuit à la santé, à la productivité et à la stabilité financière des travailleurs partout au pays.



TORONTO--(BUSINESS WIRE)--Malgré leur emploi, de plus en plus de travailleurs au Canada peinent à se nourrir : ce sont les conclusions de l’enquête sur le coût de la faim pour les travailleurs au Canada de l’Institut national de la paie. Cette dernière révèle que beaucoup d’employés se retrouvent face à des choix difficiles lorsqu'il s’agit de faire bouillir la marmite : réduire les dépenses essentielles, s’endetter et gérer le stress lié à l’insécurité alimentaire au quotidien - y compris au travail. Les employés à temps partiel ou dont le revenu varie d’une période à l’autre sont les plus vulnérables.

Selon l’enquête, un employé sur quatre au pays éprouve des difficultés à couvrir ses besoins fondamentaux, tandis qu’un sur dix fait face à une précarité plus importante.

« Ces résultats sont profondément préoccupants et démontrent que la faim ne touche plus uniquement les personnes sans emploi ou vivant dans une situation d’extrême pauvreté, mais se fait de plus en plus sentir chez celles et ceux qui travaillent dur quotidiennement, affirme Peter Tzanetakis, président et chef de la direction de l’Institut national de la paie. Derrière ces chiffres se cachent des employés qui sautent des repas, passent leur journée de travail à s’inquiéter et qui s’endettent pour se nourrir et nourrir leurs familles. La faim compromet la santé et la stabilité financière, mais elle a aussi des répercussions discrètes et non moins importantes sur la dignité, la concentration et le bien-être général des individus. »

Le prix du panier d’épicerie grignote sur le budget et l’endettement des travailleurs

Les frais alimentaires deviennent de plus en plus difficiles à gérer pour plus de la moitié des employés au Canada (53 %) qui affirment que l’abordabilité alimentaire s’est détériorée au cours de la dernière année. Quatre sur dix (43 %) considèrent même le coût de l’épicerie comme un enjeu majeur nuisant à leur accessibilité alimentaire.

Tandis que les pressions inflationnistes persistent, de nombreux travailleurs se retrouvent alors contraints de s’endetter, sacrifier la qualité de leur alimentation et étirer des budgets déjà fragilisés. Plus du tiers des employés au pays (34 %) affirment ainsi devoir recourir à l’endettement pour se nourrir, mettant en lumière la pression financière croissante et insoutenable que la hausse des coûts de l’alimentation exerce sur les budgets des ménages.

Les répercussions vont bien au-delà : un employé sur trois (33 %) indique que la difficulté à se payer des repas nutritifs a des effets négatifs sur leur santé, un cinquième (22 %) relatant même avoir perdu du poids en raison de l'insécurité alimentaire.

Distraits : quand l'insécurité alimentaire s’invite au travail

Les effets de la faim ne se mesurent pas qu’à la table du souper. Les travailleurs les ressentent au bureau, sur le terrain et tout au long des quarts de travail, affectant leur concentration, leur niveau d’énergie et leur tranquillité d’esprit.

C’est ainsi que près d’un employé sur trois (30 %) signale une baisse de sa productivité au travail en raison de la faim. Les trois quarts des répondants disent en effet s’inquiéter du coût de l’alimentation pendant la journée de travail, tandis que près de trois sur dix admettent y consacrer plus de 30 minutes de réflexion quotidienne. Les pertes de productivité liées à l’insécurité alimentaire coûteraient environ 65,2 milliards de dollars chaque année aux entreprises canadiennes.

Une paie irrégulière duplique l’insécurité alimentaire

Les travailleurs dont les heures de travail ou les revenus sont instables figurent parmi les plus vulnérables à l’insécurité alimentaire, démontrant à quel point des revenus imprévisibles peuvent accroître le stress et rendre une situation déjà précaire encore plus difficile à gérer.

Les travailleurs ayant un revenu qui varie sont 29 % plus susceptibles de vivre une situation d’insécurité alimentaire que ceux dont le revenu est généralement plus stable. De plus, les travailleurs qui souhaiteraient obtenir davantage d’heures de travail sont plus de deux fois plus susceptibles de vivre de l’insécurité alimentaire, le taux passant de 8 % chez ceux satisfaits de leurs heures de travail à 19 % chez ceux qui souhaitent en obtenir davantage, soit une hausse de 137 %. Les travailleurs à temps partiel (34 %) affichent également des taux d’insécurité alimentaire nettement plus élevés que les employés à temps plein (22 %), représentant une augmentation de 59 %.

L’importance d’une paie stable et prévisible

Pour de nombreux employés au Canada, l’insécurité alimentaire est une souffrance invisible, souvent vécue en silence et masquée par les routines professionnelles, les attentes en matière de productivité et l’apparence d’une stabilité.

Ces résultats remettent en question certaines idées reçues sur la faim, en démontrant qu’elle peut toucher des personnes qui travaillent, qui contribuent à l’économie mais qui peinent malgré tout à joindre les deux bouts. Alors qu’un grand nombre de travailleurs vivent toujours d’une paie à l’autre, pouvoir compter sur le versement exact et ponctuel de leur salaire est essentiel dans la planification de leur budget et la gestion de leurs dépenses.

L’une des meilleures façons pour les Canadiens de se protéger contre les répercussions des turbulences financières est de se constituer une épargne. L’une des méthodes les plus simples pour y parvenir est de « se payer en premier ». En collaborant avec le professionnel de la paie de leur organisation, les employés peuvent faire déposer une petite portion de leur paie dans un compte d’épargne dédié, soit un compte d’épargne courant ou un régime d’épargne d’urgence. Disposer d’une réserve financière pour faire face aux imprévus peut contribuer à réduire le recours à l’endettement, aux prêts sur salaire ou à d’autres solutions à court terme qui entraîneront des conséquences à long terme.

« Les employeurs ne peuvent pas régler à eux seuls les enjeux liés au coût de la vie, mais les milieux de travail peuvent jouer un rôle important pour soutenir la stabilité financière des employés en les aidant à mieux comprendre les options qui s’offrent à eux, explique Peter Tzanetakis. Une paie prévisible et exacte, combinée à des pratiques professionnelles en matière de paie, peut contribuer à réduire l’incertitude chez les travailleurs qui font face à des pressions persistantes liées aux coûts et favoriser l’adoption de saines habitudes financières. »

À propos du sondage sur le coût de la faim pour les travailleurs au Canada de l’Institut national de la paie

Le sondage sur le coût de la faim pour les travailleurs au Canada de l’Institut national de la paie a interrogé 1 419 employés au Canada entre le 19 mars et le 2 avril 2026 au moyen d’une méthodologie de panel en ligne effectuée par Framework Analytics Inc. L’enquête portait sur le lien entre l’emploi, la stabilité des revenus et l’insécurité alimentaire, notamment les répercussions des revenus variables, des pressions liées à l’abordabilité alimentaire et au stress financier sur le bien- être des employés et la productivité dans le milieu du travail. Les données ont été pondérées selon l’âge et la région pour s’aligner sur les caractéristiques de la population active de Statistique Canada. La marge d’erreur associée à l’enquête est de plus ou moins 2,6 %, 19 fois sur 20.

À propos de l’Institut national de la paie

L’Institut national de la paie fait la promotion du service de paie au pays comme élément indispensable à la santé des entreprises, notamment en établissant LA norme professionnelle d’excellence et en transmettant son expertise essentielle. Nous fournissons les connaissances et les ressources dont plus de 45 000 professionnels de la paie ont besoin pour développer leur potentiel, dont 1,4 million d’employeurs dépendent pour le paiement annuel de 1,35 billion de dollars en salaires et en avantages imposables, et dont les administrations publiques dépendent pour recevoir 469 milliards de dollars en retenues obligatoires qui servent chaque année à financer des programmes essentiels. Les accréditations accordées par l’Institut, les seules de ce type pour le service de paie au Canada, sont reconnues comme la référence en matière d’expertise et de professionnalisme. L’Institut national de la paie est également partenaire caritatif de Banques alimentaires Canada pour une deuxième année en 2026 et verse un don de 75 000 $ par année afin de soutenir sa mission nationale.


Contacts

Catherine Buteau
Earnscliffe
Catherine.Buteau@earnscliffe.ca
514.777.4183

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