Thu. Jun 13th, 2024

PAr Vincent Boy, Analyste Marchés IG France

La cotation de la société contrôlant les réserves de pétrole en Arabie Saoudite, soit la seconde plus importante réserve de brut au monde, derrière le Venezuela, a débuté ce matin.

Après plusieurs décalages et une révision à la baisse de la valorisation, la cotation de Saudi Aramco a débuté ce matin à la bourse de Ryad, Tadawul.

La volatilité des premiers mouvements confirme bien l’engouement des investisseurs pour la société, qui avait déjà pu être observé lors de la souscription avec une demande correspondante à 4,6 fois l’offre de titres.

Concernant l’évolution sur le marché, le cours de l’action en pre-market affichait déjà 10% de hausse avec un prix affiché de 35,2 Riyals, contre 32 proposé pour l’introduction de l’action. Avec plus de 8 millions de titres échangés durant les premières minutes, l’activité devrait être importante sur l’action durant les premiers jours de cotations. La société pourrait même atteindre assez rapidement la capitalisation proposée au début du projet d’introduction soit 2000 milliards$.

 

Bourse de Tadawul, 1ère variation de Saudi Aramco 8h30

La direction de Saudi Aramco précisait d’ailleurs que la bourse de Tadawul deviendrait l’une des plus grande du monde après la cotation de Saudi Aramco. En effet avec une société valorisée au moins 1700Mds$, la capitalisation totale des sociétés présentent sur la bourse Saoudienne explose et pourrait être comparée à de grandes places financières mondiales.

Concernant l’IPO, Saudi Aramco a annoncé avoir levé 25,6Mds$ pour 1,5% du capital et avoir fixé le prix dans le haut de fourchette indicative à 32 Riyals, soit un peu plus de 8,50$. Cette opération valorise ainsi la société à environ 1700 milliards de dollars. Une offre de surallocation, qui pourrait être exercée totalement, devrait permettre dans ce cas de gonfler la levée et atteindre 29,4Mds$.

 

Près de 90% de la demande a été faite par des institutionnels et en majorité des entreprises et particuliers Saoudiens.

En effet ces derniers profitent d’avantages sur les conditions d’introduction telles que des dividendes plus élevés, des actions gratuites ou même des facilités de prêts accordés par les banques. Par ailleurs les investisseurs étrangers y voient une société opaque, très liée au pouvoir politique en Arabie Saoudite et restent sceptiques dans la capacité de l’entreprise à faire croitre ses bénéfices à long terme, ou même à protéger ses installations (Cf. attaque des installations en Arabie Saoudite, attribuée à l’Iran le 14 septembre 19).

Bien que Saudi Aramco ait publié un bénéfice net de 111 milliards de dollars en 2018 et promet 75Mds$ de dividendes au titre de 2020, sa capacité à faire progresser les bénéfices parait limitée du fait de la structure même du marché du pétrole et du changement des habitudes de la consommation mais également à plus court terme étant donné la baisse continue de la croissance de la demande de pétrole ainsi que la poursuite de la baisse des quotas de production décidée pas l’OPEP, dont le chef de fil est l’Arabie Saoudite.

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