Tue. Jun 25th, 2024

Vincent Boy, Analyste marché chez IG France

Alors que les Etats-Unis sont à l’aube de deux semaines très difficiles selon le Président américain, la croissance du nombre de cas en Europe, notamment l’Italie et l’Espagne, semble être en diminution et pourrait rassurer les marchés à court terme.

 

La croissance du nombre de nouveaux cas et de nouveaux décès est en diminution depuis quelques jours en Europe et cela suffit aux marchés pour reprendre espoir et les indices mondiaux sont attendus en hausse ce matin. D’un autre côté, alors que l’Etat de New York a également enregistré une baisse de la croissance du nombre de nouveaux cas, le Président américain anticipait une période sombre pour les Etats-Unis.

 

En effet le nombre de décès devrait dépasser les 10000 dans la journée et plus de 350 000 cas mais la croissance semblait diminuer à la fin du weekend notamment dans l’Etat de New York, le plus touché aux Etats-Unis. En revanche au sein de la première économie mondiale, étant donné la réaction tardive du gouvernement concernant le confinement, des nouveaux foyers d’infections pourraient être découvert et la croissance de l‘épidémie pourrait ne pas s’arrêter là.

 

Malgré l’espoir de voir le confinement porter ses fruits en Europe, le Royaume-Uni annonçait dimanche que le premier ministre était conduit à l’hôpital du fait de symptômes persistants liés au coronavirus. Bien que le gouvernement se veut rassurant sur la santé du chef de l’Etat, les solutions en cas d’incapacité du premier ministre restent floues et cela pourrait amener de nombreux risques sur la rapidité du pays à gérer la crise si le premier ministre venait à ne plus être en capacité de diriger le pays.

 

Sur le marché du pétrole, l’intervention de Donald Trump sur Twitter a permis au baril de progresser de plus de 20% mais de nombreuses informations contraires laissent le rebond sans soutien ce matin. En effet après une annonce du Président américain sur un accord entre l’Arabie Saoudite et la Russie concernant une baisse de 10 à 15 millions de barils par jour de production, les deux pays ont démenti un tel accord mais confirmaient qu’une réunion de l’OPEP+ serait mise en place pour trouver une solution durable et faire remonter les prix de l’or noir.

 

D’abord annoncé lundi, la réunion de l’OPEP+ devrait être mise en place jeudi 9 avril mais les annonces actuelles ne laissent pas anticiper le moindre accord entre les plus gros producteurs de pétrole. En effet ceux-ci souhaitent voir les Etats-Unis participer à l’effort collectif dans la réduction des quotas de productions. Sachant que les Etats-Unis sont devenus le plus gros producteur de pétrole et que l’augmentation de leur production ces dernières années a contribué à la baisse du prix du baril, la première puissance mondiale doit également jouer le jeu et réduire sa production au même titre que l’Arabie Saoudite et la Russie.

 

Les Etats-Unis ne semblent pas concernés par cette réduction et ont précisé à plusieurs reprises depuis le Tweet de Donald Trump qu’ils ne pouvaient pas obliger les producteurs nationaux à réduire leur production, même après un entretien du Président américain avec les majors pétrolières vendredi dernier. Au lieu de cela Donald Trump proposait de mettre en place des droits de douane sur les importations de pétrole, afin de protéger les producteurs nationaux.

 

Enfin, bien que la croissance de l’épidémie semble plus lente, les principales économies du monde sont en confinement et devraient le rester pour quelques semaines encore. Ainsi le redémarrage risque de prendre du temps et de nombreuses entreprises ont déjà pris des dispositions pour réduire le nombre d’employés ou leurs capacités de production.

 

Les marchés devraient rapidement se concentrer à nouveau sur le ralentissement des économies du monde entier dans l’attente des premiers résultats d’entreprises lors de la saison des résultats, qui démarre la semaine prochaine. Bien que Donald Trump ait annoncé un accord entre l’Arabie Saoudite et la Russie, sans fondement, le jour où les nouvelles inscriptions au chômage de plus de 6 millions de personnes ont été publiées, les investisseurs n’en oublient pas pour autant le risque de voir des faillites et des licenciements par milliers dans les semaines et mois à venir.

 

Ce risque semble toutefois encore sous-estimé par les investisseurs mais la réalité pourrait conduire les indices à reprendre leur tendance baissière lors de la publication des résultats des entreprises et du PIB des économies mondiales pour le premier trimestre.

Ainsi, malgré l’espoir qui pourrait soutenir les marchés dans la journée, voire au-delà si les signes de réduction de l’épidémie se poursuivent, l’impact sur l’économie devrait devenir plus précis. Les semaines à venir pourraient faire ressortir une économie fortement détériorée mais surtout qui pourrait mettre du temps à repartir, même si l’épidémie était contrôlée rapidement.

 

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