Marchés actions en Europe – évolution et perspectives
Par Gilles Guibout, responsable des actions européennes AXA IM, BNPP AM (BNP Paribas AM)
Malgré un contexte géopolitique extrêmement instable, les marchés actions européens ont commencé l’année sur une note positive. Après la capture du président vénézuélien Nicolas Maduro qui pourrait attiser les tensions avec la Chine et la Russie, Donald Trump a réitéré sa volonté d’acquérir le Groenland et a de nouveau brandi la menace d’une augmentation des droits de douane pour les pays européens soutenant le Danemark. Finalement, le Forum de Davos aura été l’occasion de conclure un accord-cadre avec le secrétaire général de l’OTAN et de suspendre l’application des nouveaux tarifs. L’autre foyer de tension est venu d’Iran, où après la forte répression des manifestations qui ont agité le pays, les Etats-Unis ont déployé en réponse d’importantes forces militaires dans le golfe Persique afin d’accentuer la pression sur le régime dans le but d’obtenir un accord sur le nucléaire. Sur un plan microéconomique, les publications de résultats pour le quatrième trimestre ont débuté avec un premier bilan plutôt contrasté qui a eu un impact sur la baisse du dollar. Du côté des banques centrales, la Fed a laissé ses taux inchangés lors de la réunion du 28 janvier et le président américain a annoncé proposer Kevin Warsh comme candidat pour être son prochain président.
Sur le mois, le DJ Eurostoxx dividendes réinvestis progresse de 2,74 %. Portée par les valeurs liées aux semi-conducteurs qui bénéficient de l’accélération des investissements, la technologie a affiché la plus forte hausse, malgré la contre-performance des softwares qui pâtissent des craintes liées au bouleversement potentiel provoqué par l’intelligence artificielle. Par ailleurs, les secteurs des services aux collectivités et de l’énergie ont profité de l’impact des tensions internationales sur les prix du pétrole. A l’inverse, le secteur de la consommation discrétionnaire termine largement dans le rouge, emporté une nouvelle fois par le secteur automobile mais surtout par les valeurs du luxe, pénalisées par un dollar faible.
La période à venir devrait demeurer fortement influencée par la situation géopolitique et donc caractérisée par de fortes incertitudes, ce dont les marchés ne sont pas très friands. Selon l’issue du bras de fer engagé entre les Etats-Unis et l’Iran (entre un accord sur le programme nucléaire et une intervention dont on mesure mal les conséquences), l’impact sur l’économie mondiale et la réaction des marchés actions pourraient varier considérablement. La suite des publications de résultats du quatrième trimestre et les perspectives que les sociétés communiqueront pour l’année 2026 devraient également alimenter la volatilité sur les marchés actions. Dans ce contexte, il nous apparaît opportun de conserver un équilibre dans nos expositions et de nous focaliser sur les fondamentaux des sociétés, en privilégiant celles qui offrent une bonne visibilité sur leurs résultats. Nous restons fidèles à notre stratégie d’investissement en favorisant des sociétés combinant une capacité à ajuster les prix, ayant de la visibilité et/ou des perspectives de croissance par l’exposition à des thématiques de long terme, ainsi qu’une structure financière solide.
