Dry January : les actions sans alcool trinquent à des performances supérieures

| ●Les marques de boissons sans alcool ont généré un rendement de 69 % sur cinq ans, tandis que les géants de l’alcool ont peiné, enregistrant une baisse de 26 % sur la même période. ● Ces performances traduisent la demande croissante pour les alternatives sans alcool ou à faible teneur en alcool. ● Le groupe de boissons énergétiques et de fitness Celsius arrive en tête avec un gain de 211 %, tandis que les groupes de spiritueux plombent la performance du panier des valeurs alcoolisées. |
En ce début d’année 2026, le Dry January s’impose à nouveau comme un marqueur fort de l’évolution des habitudes de consommation en France : parmi les Français qui consomment de l’alcool, près d’un sur deux envisage de participer à cette pause sans alcool afin de commencer l’année sobrement et de réduire durablement sa consommation. Cette tendance sociétale trouve un écho direct sur les marchés financiers. Une nouvelle analyse de la plateforme de trading et d’investissement eToro offre une lecture peu réjouissante pour les producteurs d’alcool cotés en Bourse, tandis que les investisseurs continuent de se tourner vers les alternatives sans alcool. eToro a analysé deux paniers de grandes marques de boissons, pondérés à parts égales. Le premier regroupe des producteurs d’alcool — Diageo, Heineken, Pernod Ricard, Carlsberg et Anheuser-Busch InBev. Le second comprend des acteurs du sans-alcool — Coca-Cola, PepsiCo, Monster Beverage, Celsius Holdings et A.G. Barr.
Sur les cinq dernières années, le panier des valeurs du sans-alcool a progressé de 69 %, tandis que celui des producteurs d’alcool a reculé de 26 %. L’écart ne se limite pas au long terme. Sur un an, les marques sans alcool affichent une hausse de 24 %, contre un recul de 6 % pour les producteurs d’alcool. Sur trois ans, les actions du sans-alcool gagnent 18 %, tandis que celles de l’alcool chutent de 29 %.
Les données d’un sondage Panel Selvitys1, réalisé à l’occasion du Dry January 2024 montrent que la participation à l’initiative s’est solidement ancrée en France, avec 5,1 millions de participantes et participants estimés en 2025. Cette dynamique est confirmée par l’augmentation marquée de l’engagement autour de la campagne, les inscriptions sur la plateforme dryjanuary.fr ayant atteint en 2024 près de 28 000 personnes, soit une hausse de 75 % par rapport à 2023.
Maximilian Wienke, analyste de marché chez eToro, déclare : « Le Dry January remet chaque année en lumière l’évolution des habitudes de consommation, mais les marchés intègrent ce changement depuis longtemps. Les producteurs traditionnels d’alcool peinent à générer de la croissance, tandis que la demande se déplace de plus en plus vers des boissons sans alcool, fonctionnelles et perçues comme plus saines. Il ne s’agit pas d’un abandon de l’alcool par les consommateurs, mais d’une réallocation des capitaux vers des segments offrant une croissance des volumes plus visible, un meilleur pouvoir de fixation des prix et une plus grande pertinence auprès des jeunes générations, plus soucieuses de leur santé. »
Au sein du panier alcool, les performances de long terme sont durablement faibles. Diageo et Pernod Ricard affichent tous deux un recul de plus de 40 % sur cinq ans, et aucun producteur d’alcool du groupe n’a enregistré de performance positive sur trois ans. Les brasseurs ont montré une certaine résistance sur un an, avec Carlsberg en hausse de 21 % et Anheuser-Busch InBev de 14 %, sans toutefois compenser les baisses plus larges du secteur.
À l’inverse, les marques sans alcool ont enregistré des performances plus larges et plus durables. La croissance a été portée par les acteurs des boissons énergétiques et fonctionnelles. Celsius Holdings, propriétaire notamment des marques CELSIUS et Rockstar Energy, affiche une hausse de 211 % sur cinq ans, tandis que Monster Beverage progresse de 71 %. Les groupes de sodas plus établis ont également contribué positivement, avec Coca-Cola en hausse de 33 % et A.G. Barr, propriétaire entre autres d’IRN-BRU et Rubicon, en progression de 28 % sur la même période.
Commentant cette analyse, Maximilian Wienke conclut : « Le secteur des boissons n’est pas en déclin, mais il connaît une profonde transformation de ses moteurs de croissance. Les investisseurs deviennent beaucoup plus sélectifs, privilégiant les entreprises disposant du bon mix produits, d’une capacité d’innovation et d’une exposition adaptée à l’évolution des usages. La seule force des marques ne suffit plus, et une exposition trop large risque désormais de diluer la performance. »
Tableau comparatif des performances : producteurs d’alcool et producteurs sans alcool. Les performances passées ne préjugent pas des résultats futurs.



