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Alors que l’IA transforme l’ensemble des secteurs, quel impact pour le M&A

Par PwC France et Maghreb

La valeur des transactions a augmenté de 36 % en 2025, mais leur volume stagne (+1 %)

Les méga-deals dopent le marché avec une hausse de 76 % du nombre d’opérations, l’IA influençant nombre des plus importantes transactions

L’essor des investissements liés à l’IA pourrait freiner certaines transactions à court terme, mais ouvrir la voie à un nouveau supercycle d’opérations de M&A

Le marché des fusions-acquisitions est de plus en plus polarisé, favorisant les grandes opérations, portées par les États-Unis et les acteurs technologiques

La dynamique observée pour 2026 suggère que le marché mondial des fusions-acquisitions entre dans une nouvelle phase. La hausse des méga-deals (opérations de plus de 5 milliards de dollars) et des thématiques liées à l’IA, amorcée fin 2025, se poursuit en 2026, indiquant une transformation profonde du marché. La valeur des transactions devrait maintenir son niveau élevé cette année, tandis que les volumes demeureront modérés. Une situation qui confirme une évolution du marché du M&A en forme de « K ». Par ailleurs, le super-cycle des dépenses d’investissement pour l’IA pourrait freiner l’activité à court terme avant d’alimenter un nouveau cycle d’innovation moteur de la prochaine vague de transactions. A l’occasion de l’édition 2026 de son étude Global M&A Industry Trends, PwC France et Maghreb livre une analyse de l’impact de l’IA sur les transactions. 
L’évolution du marché des fusions-acquisitions en 2025

A l’échelle mondiale, la valeur des transactions a augmenté de 36 % entre 2024 et 2025, tandis que les volumes n’ont progressé que de 1 %.
La croissance en valeur a été largement tirée par la hausse des méga-deals, restant tout de même bien en deçà du record de 2021.

Au niveau régional, une grande partie des méga-deals est concentrée aux États-Unis. La valeur moyenne des opérations en Amérique a augmenté de 55 %, représentant 60 % du total des opérations mondiales. Les volumes ont reculé de 6% en glissement annuel, l’incertitude macroéconomique et géopolitique continuant de peser sur la confiance des investisseurs.
En Asie-Pacifique, les valeurs des transactions ont progressé de 10 % et les volumes de 3 %. La Chine, l’Inde, le Japon et la Corée du Sud ont enregistré quant à eux une croissance de la valeur à deux chiffres. Dans la zone EMEA (Europe, Moyen-Orient et Afrique), les volumes ont augmenté de 6 % et la valeur des transactions de 19 %. Cette reprise de la valeur a été principalement portée par les méga-deals, passés de 12 en 2024 à 20 en 2025. 

Un marché des fusions-acquisitions très polarisé
La hausse de la valeur des transactions contraste avec la stagnation du volume, ce qui met en évidence un marché polarisé, en forme de « K », où les secteurs évoluent désormais à des vitesses très différentes : de grandes opérations stratégiques menées par des acquéreurs disposant de ressources financières importantes dynamisent l’activité, tandis que le reste du marché demeure affecté par des écarts de valorisation, des risques d’exécution et des incertitudes persistantes.

Cette dynamique est particulièrement visible dans le retour des méga-deals. En 2025, 111 opérations de plus de 5 milliards de dollars ont été annoncées, une hausse de 76 % par rapport aux 63 opérations de 2024. Bien qu’inférieur au pic de 147 opérations en 2021, ce retour en force des opérations de grande ampleur a suffi à soutenir la valeur globale des opérations, indiquant une reprise du M&A tirée par le haut du marché.L’augmentation générale de 36 % de la valeur des fusions-acquisitions en 2025 a été principalement portée par environ 600 opérations de plus d’1 milliard de dollars, soit seulement 1,6 % de l’ensemble des transactions. La valeur des 47 000 autres transactions est, quant à elle, restée stable d’une année sur l’autre.

Cette courbe en K redessine également la carte des opérations. En 2025, les États-Unis ont représenté moins du quart des volumes mondiaux, mais 60 % de la valeur globale, reflétant ainsi la concentration des méga-deals, la profondeur des marchés de capitaux et une confiance américaine plus affirmée. Si l’activité a progressé de manière sélective en Inde, au Japon et au Moyen-Orient, la croissance transfrontalière a été plus lente que celle de la valeur globale du marché.Par ailleurs, les dynamiques sectorielles renforcent cette polarisation du marché, avec une activité de méga-deals de plus en plus concentrée dans un nombre restreint de secteurs. La technologie demeure un pilier central, avec 26 opérations annoncées en 2025, mais on assiste à l’émergence de mégadeals dans les secteurs bancaires (13 opérations) et de l’industrie (11 opérations) entre autres.

Par ailleurs, les avancées dans les véhicules électriques et autonomes, ainsi que le développement pharmaceutique, redéfinissent les dynamiques concurrentielles et stimulent les opérations stratégiques. 

« Aux prémices de 2026, le retour des mégadeals redonne de la visibilité et réinstalle la confiance sur le marché mondial des fusions acquisitions. La dynamique devrait s’intensifier à mesure que les écarts de valorisation se resserrent et que les taux s’orientent favorablement. Les acteurs qui avanceront avec détermination, plutôt que d’attendre des conditions parfaites, seront les mieux positionnés pour capter la valeur. Le contexte local offre moins de visibilité en France »,indique Martin Naquet-Radiguet, Associé Deals Clients & Markets chez PwC France et Maghreb


L’IA, catalyseur des transactions

L’IA se diffuse rapidement dans tous les secteurs. Selon des estimations externes, entre 5 000 et 8 000 milliards de dollars pourraient être nécessaires au cours des cinq prochaines années pour financer les technologies d’IA et les infrastructures essentielles qui les accompagnent (data centers, puces, réseaux et nouvelles capacités énergétiques). L’ampleur de ces investissements positionne l’IA comme l’un des défis majeurs d’allocation de capital de la décennie. A titre de comparaison, la valeur mondiale des fusions-acquisitions s’élevait à environ 3 500 milliards de dollars en 2025.

Le super-cycle d’investissements nécessaire au développement des infrastructures et des capacités de l’IA, estimé à plusieurs milliers de milliards de dollars, pourrait détourner des capitaux des fusions-acquisitions à court terme. Cette vague de dépenses en est encore à ses débuts et continuera d’absorber des fonds qui auraient pu être alloués à des acquisitions, d’autant que les hyperscalers, gouvernements, fonds souverains et acteurs du Private Equity et de la dette privée cherchent à investir massivement dans l’IA. Néanmoins, si la technologie tient ses promesses en matière de productivité et de transformation cette vague pourrait déclencher un puissant super-cycle d’innovation, capable de remodeler les modèles économiques et d’accélérer le rythme du changement stratégique.

L’analyse des 100 plus grandes transactions M&A en 2025 réalisée par PwC France et Maghreb révèle qu’environ un tiers d’entre elles citaient l’IA comme élément de la justification stratégique, preuve que l’IA façonne de plus en plus les politiques d’investissements. Les secteurs de la technologie, de l’industrie et de l’énergie sont ceux où l’IA est le plus souvent mentionnée, ce qui reflète à la fois la demande pour des capacités habilitées par l’IA et l’ampleur des investissements requis pour les soutenir.Bien que des investissements a posteriori peu rentables et une volatilité des valorisations apparaissent comme inévitables, l’ampleur, la diversité et la pérennité des investissements suggèrent que l’IA représente un virage structurel, potentiellement la plus grande transformation technologique de notre époque. Pour les acteurs des fusions-acquisitions, le message est déjà clair : l’IA n’est plus un simple thème influençant la valorisation ou le déroulement des processus. Elle transforme la stratégie, les décisions d’allocation du capital, les dynamiques concurrentielles et la logique mêmes des opérations de M&A

« En Europe comme ailleurs, l’IA transforme en profondeur l’exécution des deals et redéfinit les standards du marché. Les due diligence gagnent en précision et en portée, s’appuyant désormais sur des outils d’IA et de data analytics de plus en plus avancés pour traiter une donnée volumineuse et hétérogène et en extraire des insights pertinents et exploitables. Pour les acteurs du marché, l’enjeu est clair : se mettre en mouvement sans attendre », conclut Céline Appel, Associée Deals Leader, PwC France et Maghreb.

Méthodologie
L’étude des tendances des fusions-acquisitions s’appuie sur des données issues de sources reconnues par le secteur, ainsi que sur les recherches et analyses indépendantes de PwC. Certaines adaptations ont pu être apportées aux informations d’origine afin de les aligner sur les classifications sectorielles de PwC. Tous les montants en dollars sont exprimés en dollars américains. Les méga-deals sont définis comme des opérations d’une valeur supérieure à 5 milliards de dollars.
Les volumes et valeurs des transactions référencés dans cette étude sont basés sur des opérations officiellement annoncées (à l’exclusion des rumeurs et des transactions retirées), telles que fournies par le London Stock Exchange Group (LSEG). Les données sont arrêtées au 31 décembre 2025 et ont été consultées entre le 1er et le 8 janvier 2026. En raison des arrondis, certains chiffres peuvent ne pas correspondre exactement aux totaux indiqués.
Les estimations externes des investissements futurs nécessaires pour financer les technologies IA et les infrastructures associées proviennent notamment de BlackRock et KKR.
Le nombre mondial d’entreprises en portefeuille de fonds de private equity repose sur les données de PitchBook, arrêtées au 31 décembre 2025.

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