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2026 : une année dans la continuité de 2025

Par Cyriaque Dailland, Portfolio Manager chez Sanso Longchamp AM

Chaque début d’année invite à l’exercice des perspectives. Certaines phrases apparaissent comme immuables dans de nombreuses publications. Un grand classique consiste, par exemple, à évoquer un environnement incertain… comme si les années précédentes avaient débuté avec des niveaux de certitude très élevés. On retrouve également fréquemment la notion de vents contraires, appelant à un optimisme prudent ou à une gestion active.

Il faut reconnaître que l’exercice des prévisions est particulièrement complexe. La solution de « facilité », consistant à adopter une position de demi-mesure ou une formulation floue, offre au gérant une certaine assurance de ne pas se tromper… mais prive l’investisseur d’une information claire. Ainsi, même si l’exercice est objectivement difficile, notre ambition dans cette analyse est de fournir, a minima, des convictions.

Un environnement économique bien orienté pour les douze prochains mois

Le principal enseignement de 2025 aura été la robustesse de l’économie mondiale. En effet, malgré les incertitudes liées à la géopolitique, les annonces concernant les tarifs douaniers aux États-Unis ou encore les pressions exercées par D. Trump sur l’indépendance de la Fed, l’économie mondiale devrait afficher en 2025 une croissance de 3,2 %, contre 3,3 % en 2024.

Plusieurs facteurs permettent aujourd’hui d’être relativement optimistes pour 2026 : les soutiens budgétaires, aux États-Unis et en Allemagne en particulier, les baisses de taux intervenues au cours des derniers trimestres et qui se diffusent progressivement à l’économie réelle, ou encore une économie chinoise qui sort peu à peu de sa torpeur. Nous considérons qu’en termes d’activité, 2026 devrait s’inscrire dans la continuité de 2025.

Des tendances géographiques différentes au niveau de l’inflation

En zone euro, la BCE semble être en passe d’avoir véritablement maîtrisé l’inflation post-Covid. Au regard de la dynamique des matières premières et de l’appréciation de l’euro, et de manière peu consensuelle, nous estimons que la BCE pourrait même de nouveau baisser son taux directeur au cours de l’année 2026.

Aux États-Unis, l’inflation apparaît plus persistante. La Fed, malgré les pressions politiques, devrait abaisser son taux directeur de manière limitée en 2026. Le principal taux directeur restera donc au-dessus des 3% en 2026. L’économie américaine demeure relativement robuste, avec une dégradation limitée du marché du travail.

La géopolitique, une variable d’allocation à suivre… parfois !

Depuis plusieurs décennies, les événements géopolitiques ont souvent eu un impact limité sur les marchés financiers. En effet, il faut que la géopolitique affecte l’économie réelle pour qu’elle génère de véritables changements de tendance sur les marchés financiers. L’année 2025 en est, à cet égard, un bon exemple : la guerre Israël/Iran, avec une intervention américaine, était régulièrement citée comme un risque majeur. Finalement, ce conflit n’aura quasiment pas eu d’impact sur les marchés financiers.

En 2026, des risques géopolitiques importants subsistent : une possible intervention chinoise à Taïwan, la poursuite de la guerre en Ukraine ou un président américain actif sur plusieurs théâtres internationaux. Cependant, le scénario du pire ne nous paraît pas le plus probable sur les douze prochains mois.

Quelle allocation pour 2026 ?

En préambule, 2026 ne sera pas l’année des paris spectaculaires en gestion d’actifs, mais celle du discernement. Notre conviction est que la performance viendra de la cohérence des choix, de la discipline dans l’exécution et de la capacité à assumer des convictions sur la durée.

En termes de classes d’actifs, notre position est neutre vis-à-vis des obligations souveraines comme des obligations d’entreprises. Sur le plan géographique, nous privilégions l’Europe par rapport aux États-Unis, car le rendement, en intégrant la couverture du risque de change, demeure plus attractif pour cette zone. Au sein de la poche crédit, nous privilégions les obligations à haut rendement, les subordonnées financières et les obligations émergentes.

Concernant les actions, notre position est défensive. La tendance devrait rester positive, sans doute de manière moins marquée qu’en 2025, mais ponctuée de pics soudains de volatilité. Dans ce contexte, il nous semble opportun de maintenir un volant de liquidités au sein du portefeuille, afin de pouvoir le redéployer lorsque ce type d’événement se produira. En termes géographique, nous privilégions les émergents.

La gestion des devises est souvent considérée, à tort selon nous, comme une source marginale de performance. La forte dépréciation du dollar américain en 2025 a montré que les devises peuvent avoir un impact significatif sur une stratégie globale. À ce stade, la devise offrant le potentiel le plus important est le yen. En effet, après plusieurs années de dépréciation, sa valorisation apparaît particulièrement faible. Par ailleurs, la banque centrale japonaise est actuellement engagée dans une dynamique de hausse de son taux directeur, facteur très favorable historiquement pour une devise.

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