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Trump initie un nouvel épisode de guerre commerciale avec l’Europe pour s’emparer du Groenland et fait dévisser les marchés

Par Grégoire KOUNOWSKI – Investment Advisor chez Norman K

Depuis le début de l’année 2026, le président américain fait feu de tout bois sur la scène internationale. Un an après son retour au pouvoir, il tente de reprendre la main avant les Midterms prévues en novembre prochain. Sur le plan intérieur, son premier bilan économique est mitigé. L’inflation se maintien au-dessus des 2,5% et repart à la hausse, alors que l’économie américaine, bien que résiliente, fait l’objet d’un ralentissement progressif. Seules les performances records des marchés boursiers permettent de voir le verre à moitié plein.

Venezuela, Iran, Groenland, le président américain passe d’un dossier à l’autre dans l’espoir de regagner du crédit à l’international. Dans le but avoué d’annexer le Groenland « de gré ou de force », Washington veut imposer une hausse de 10% des droits de douane à huit pays européens, celle-ci pouvant atteindre 25% au 1er juin en l’absence d’accord sur la cession de l’île arctique. Le territoire autonome, placé sous la souveraineté du Danemark, a pourtant fait part de son refus, de même que Copenhague, soutenu par la plupart des chancelleries européennes.

Les dirigeants du Vieux Continent qualifient ces nouvelles menaces tarifaires d’« inacceptables » et certains plaident pour des contre-mesures. La France fait pression pour activer l’« instrument anti-coercition » (bazooka commercial) qui implique des mesures de rétorsion à l’encontre des entreprises américaines : accès restreint aux marchés publics européens, activités lourdement taxées, importations limitées et restrictions sur les investissements. Cela impacterait d’abord les entreprises de la tech (Microsoft, Google, Meta, Amazon) mais également les industries US du textile, des spiritueux et du tabac. D’autres dirigeants européens, comme le chancelier allemand, craignent au contraire une escalade commerciale qui toucherait leurs exportations, même si la plupart des grands patrons européens se disent prêts « à tenir tête » à Washington.

Cette semaine à Davos, l’ensemble de ces acteurs pourra constater l’écart croissant qui sépare à présent les États-Unis de l’Europe. À la tribune, le premier ministre canadien, Mark Carney, a lui aussi parlé d’une Amérique qui « n’est plus digne de confiance », quelques jours après avoir conclu un accord commercial avec la Chine de Xi Jiping, jugée « plus prévisible que les États-Unis ». De leur côté, les Européens ont mis un terme à 25 ans de négociations pour signer un accord de libre-échange avec le Mercosur. Les alliés historiques de Washington privilégient désormais leur indépendance, au détriment de relations commerciales asymétriques et soumises au bon vouloir d’un seul homme.

Un contexte qui incite à la prudence dans la gestion des portefeuilles mais qui peut également être source d’opportunités en cas de baisse de certaines valeurs dont les fondamentaux solides.

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